De la maintenance à la mission… tout un programme !

Que fait une Église qui est décidée à prendre et vivre le fameux « virage missionnel » dont il est question un peu partout en Suisse romande, depuis que Jossy Chako a défié le leadership évangélique rassemblé à Leysin pour vivre Transvision en juin 2017 ? 

Eh bien, il n’y a pas qu’une seule réponse valable et l’arrière-plan des différents milieux va évidemment fortement teinter ces nouvelles réalités et le rythme avec lequel elles sont vécues :

  • Pour les uns, cela signifie imaginer comment nouvellement affecter leur temps, leur énergie et leurs ressources à des activités et des préoccupations qui ne concernent pas en premier lieu leurs propres besoins ou les besoins communautaires.

  • Pour d’autres, cela implique de compléter nouvellement leurs actions évangélistiques par des suivis de discipulat 1 à 1 avec ceux qui ont récemment rencontrés Jésus.

  • D’autres encore vont se lancer dans un projet courageux d’implantation d’une nouvelle Église locale, suite à des temps de prière et d’évangélisation dans un lieu de leur choix.

  • Finalement, une combinaison de plusieurs de ces éléments – et encore bien d’autres – est au programme de telle ou telle Fédération ou Église…

Pour tous, l’orientation fondamentale de la vie d’Église se stabilise en direction de la moisson qui est mûre (Jn 4:35) et qui peut être engrangée, avec l’idée de la préparer soigneusement pour alimenter les prochaines récoltes nombreuses et abondantes à venir.

Dans l’ensemble, nous sommes devenus plutôt bons dans la dimension de la vie communautaire, avec une admirable capacité à répondre aux besoins des fidèles de nos Églises : nous savons comment louer notre Dieu de manière contemporaine, nous savons comment enseigner et exhorter les nôtres, nous savons comment accompagner des blessés de la vie et nous savons comment gérer nos finances pour que la générosité régulière de nos fidèles puisse alimenter les meilleurs projets communautaires, à nos yeux. Nous sommes devenus de bons gestionnaires d’Église. Pourtant, il nous manque souvent une véritable orientation missionnelle pour que le tableau soit complet, en accord avec les principes et exhortations bibliques.

Une fois que cette prise de conscience a été accueillie et que nous orientons notre Église selon ce virage, nous réalisons soudainement que les implications sont plus défiantes qu’imaginé suite au discours motivant promulgué par un convaincu… Imaginons :

« Comment ? Il y a besoin de persévérer dans la prière pour ceux qui ne connaissent pas encore Jésus ? Je le fais volontiers pour ma famille ou pour la guérison d’un proche… mais pour la moisson ? T’es sûr… ? »

« Comment ? Je suis invité à aller à la rencontre de ceux que le Père a préparés pour le salut en Christ (Jn 4:38) ? Je croyais qu’on avait réglé ça en reconnaissant des évangélistes parmi nous… ? »

« Comment ? Il faudrait que je donne ma vie déjà bien chargée pour ceux qui sont nés de nouveau, comme le ferait un père et une mère (1 Th 2:6-12) ? C’est cher payé, non… ? »

« Comment ? Ça serait biblique d’envoyer ces disciples dans lesquels on a tellement investi pour qu’ils implantent une nouvelle Église dans la région ? Ils vont nous concurrencer, non… ? »

Une chose est certaine : ce virage est appelé tôt ou tard à s’arrêter pour redevenir une « droite », une orientation missionnelle choisie avec détermination. Pour certains après quelques tours sur eux-mêmes (virage de plus de 360°), pour d’autres déjà après avoir ajusté légèrement le volant durant un bref moment.

Soyons patients les uns avec les autres et laissons le temps à chaque individu ou famille, à chaque groupe de maison, à chaque communauté locale et aussi à chaque Fédération de négocier ce virage à son rythme, sans pression ni attentes inaccessibles. L’image des bateaux qui prennent un virage nous aide bien : les immenses paquebots nécessiteront parfois de longs moments avant que toute l’embarcation soit alignée avec un nouveau cap, alors qu’un petit bateau de ski nautique aura viré de bord en quelques secondes.

Veillons avec reconnaissance au fait que ce soient les bons fruits durables qui émergent de ce processus, fruits qui continuent à nous motiver à chercher ce cap missionnel que Dieu nous propose. Jésus dit dans Luc 4:18-19 : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. 

Christian Kuhn, Directeur RES


Dates The Turning Suisse romande

Au-delà des dates romandes, plusieurs régions poursuivent avec des journées The Turning et les témoignages sont époustouflants ! Osons et voyons Dieu à l’œuvre en nous et par nous !

Vendredi 28 août 2020 :
En journée :    Formation et préparation pour les leaders des QG/S
En soirée :       Demi-nuit de prière le soir. Lieu à confirmer.

Dimanche 11 au samedi 17 octobre 2020 :
Semaine The Turning romande

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